Le terrain humanitaire, grandeur nature.

Le terrain humanitaire, grandeur nature

Hubert Debombourg est conseiller pédagogique de l’Institut Bioforce. Il vous en dit plus sur les "Applications Terrain", ces simulations d'intervention humanitaire grandeur nature.

"Les Applications Terrain sont des exercices de mise en situation qui s’intègrent dans une pédagogie qui cherche à donner du sens à l’apprentissage. Ces exercices sont donc l’opportunité de renforcer le sens de l’apprentissage en touchant au plus près ce qu’est une intervention humanitaire. Chaque formation est rythmée par plusieurs Applications Terrain, de 3 à 5 jours, à dimension croissante en termes d’exigence, de contenu et de difficultés à appréhender. Certaines sont spécifiques à une formation, d’autres sont inter-formations et chaque élève joue dans l’exercice un rôle en lien avec la formation qu’il suit : un élève en formation de logisticien jouera le rôle d’un logisticien par exemple."

Concrètement, comment ça se passe ?

"L’Application Terrain repose sur un jeu de rôle écrit par l’équipe pédagogique, qui s’inspire d’une situation réelle. Par exemple, le massif du Bugey devient un Kenya en proie à des conflits régionaux, avec son administration, ses douanes, les agences des Nations Unies, des ONG. Chaque élève est dans un groupe, et chaque groupe représente une ONG qui intervient au bénéfice des populations fragilisées.
La première journée, c’est la préparation de leur intervention : activités, intendance, équipements (véhicules, générateurs, radios…) et déplacement. Ensuite ils déroulent leur scénario qui bien évidemment les place dans des situations inconfortables, liées à un environnement géopolitique instable, à des acteurs pas toujours bienveillants, à la vie de groupe, à la fatigue. On est la seule école à placer nos élèves en autonomie, on les laisse travailler dans l’essai-erreur et s’organiser pour réagir, réajuster et s’adapter. 
Notre volonté est de leur faire toucher du doigt la difficulté et l’adaptation qu’elle nécessite. Il s’agit donc là de développer le savoir-être, largement au-delà des simples acquis techniques. L’autre point fort, c’est le volume : beaucoup de moyens logistiques et humains sont engagés, parfois 100 personnes évoluent sur un même exercice, accentuant ainsi l’effet de réel. 
Le dernier jour, c’est la capitalisation, qui passe par du débriefing émotionnel et des analyses techniques par métier, donc par formation. On a fait le choix de ne pas évaluer les personnes individuellement pour favoriser l’analyse de la pratique. Mais si un élève en ressent le besoin, il peut solliciter l’équipe. Et bien sûr, si l’on identifie des vraies fragilités, on n’hésitera pas à proposer un accompagnement individualisé. 
Nos élèves, une fois devenus des professionnels sur le terrain, nous renvoient quasiment tous que ces Applications Terrain ont été une des clés de leur apprentissage et qu’ils continuent de s’y référer constamment."

Ce qu'en disent les élèves Bioforce

"Les applications terrains sont le maillon qui fait de Bioforce l’une des meilleures écoles des métiers humanitaires. Cela nous permet de mettre en adéquation ce que l’on a vu en cours et ce que l’on verra sur le terrain, d’avoir les mains dans le cambouis et de pouvoir manipuler du matériel que l’on trouvera sur le terrain. Cela nous permet de prendre réellement conscience de ce que l’on va faire et ainsi d’arriver ne serait-ce qu’un peu plus sereinement sur le terrain. De plus, cela nous permet de pouvoir faire des formations rapidement à nos équipes sur le terrain mais surtout d’être opérationnels un peu rapidement dans les contextes d’urgence. Ainsi, nous sommes efficaces directement sans un grand temps d’adaptation." 

Guillaume P., Logisticien, promotion 2012

Mots-clés: pédagogie jeu de rôle réseau pratique